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Posted by on Mai 18, 2019 in Portraits, Sentir/Goûter | 1 comment

Qui est Véronique Brumm ?

Qui est Véronique Brumm ?

Lors de mon voyage à Wingen sur Moder, j’ai eu la chance de rencontrer Véronique Brumm, la directrice du Musée Lalique. Une femme discrète mais passionnée, avec une personnalité affirmée. Cette dernière, originaire de Wingen sur Moder, est là depuis la genèse du Musée. C’est pourquoi, je vous propose de mieux la connaître au travers de son parcours.

 

Qui est Véronique Brumm ?

 

En quelques mots, quel est votre parcours dans les grandes lignes ?

Véronique Brumm Tout d’abord, je suis originaire de Wingen sur Moder. J’ai donc grandi dans ce village marqué par la verrerie. Par ailleurs, mon un père a inauguré le Musée de Meisenthal. Grâce à lui, j’ai compris l’aspect artisanal du métier, et toute la préparation d’une exposition. C’est sans doute, toute juste âgée de 4 ans, que je fus fascinée par le vase aux grenouilles du Musée ! Depuis, dès 15 ans, je savais ce que je voulais ne pas enseigner, mais plutôt intégrée un musée. 

 

 

Historienne de formation, je me suis m’intéressée à l’histoire verrière des Vosges du Nord, et plus particulièrement sur  les verreries de Wingen-sur-Moder, Meisenthal, Goetzenbruck et Saint-Louis, à travers l’histoire sociale et technique. De l’histoire locale, j’ai pu accéder à la grande histoire.

Grâce à différents stages, j’ai développé mon intérêt pour l’aspect artistique au musée des Arts décoratifs de Paris. Enfin, après mon doctorat  sur la patrimonialisation de l’industrie du verre et du cristal en Europe, j’ai eu la chance de suivre le projet du Musée Lalique. Et je dirige l’établissement depuis son ouverture en 2011.

 

Qu’est ce qui vous intéresse et vous passionne le plus dans le monde des verreries ?

Véronique Brumm  En fait, le travail du verre et du cristal est lié au feu. Et, cette alchimie est juste magique. Puis, il y a tout l’art de la verrerie. Il est fascinant de constater un tel développement de l’Antiquité à nos jours alors que les métiers, la technique, la gestuelle du verre, sont restés les mêmes. 

 

D’ailleurs, qu’est ce qui différencie les verreries Wingen-sur-Moder, Meisenthal, Goetzenbruck et Saint-Louis ?

Véronique Brumm Chacune de ces verreries a un style très différent. Chez St Louis, le travail de la taille et de la gravure sont importants sur la lustrerie. Tandis que Meisenthal,  porté sur l’Art Nouveau avec la collaboration avec Emile Gallé, se concentre sur les objets plus utilitaires. Aujourd’hui, le Centre international d’Art verrier  développe les partenariats avec des artistes. Ces derniers ont beaucoup travaillé avec les artistes. De leur côté, Goetzenbruck s’est focalisé sur le verre optique.

Enfin, Lalique était un créateur, pour qui le travail de la lumière, la transparence et le satinage ont été son fil conducteur. Par contre, il ne faut pas oublier que René Lalique était avant tout un créateur, mais un industriel et un homme d’affaires. Au final, c’était un homme complet. 

 

Qu’est ce qui vous fascine chez Lalique ?

Véronique Brumm  René Lalique avait le culte du beau. Cependant, il avait à coeur de rendre ce beau accessible. De plus, cet homme était vraiment un visionnaire. 

 

 

En fait, quelles sont vos pièces préférées ?

Véronique Brumm  J’aime beaucoup le travail de Suzanne Lalique, la fille de René Lalique. Plus particulièrement, le vase Tourbillon, aux formes géométriques. Pour moi, Suzanne a beaucoup contribué à faire évoluer le travail de son père René Lalique. En réalité, ses discussions et ses émulations, ont permis à René Lalique de rester dans l’air du temps.

 

 

 

Par contre, le flacon tiare Leurs Ames d’Orsay, et celui de l’Oeillet sont des pièces exceptionnelles, rares et d’un grand travail artistique. Enfin, j’aime aussi Pavot d’Argent de Roger & Gallet. Un travail de Suzanne. C’est aussi un très beau travail autour des déclinaisons, sans jamais abimer les formes du flacon initial.

 

Pavots d’argent (c) K. Faby – Coll. Roger & Gallet

 

Enfin, Silvio Denz, l’actuel propriétaire de la Maison Lalique, possède une fabuleuse collection, avec de nombreux flacons de René Lalique. D’ailleurs, nous en avons près de 230 pièces, dans l’exposition permanente du Musée. Pour ma part, j’affectionne plus particulièrement le flacon Poisson. Une vraie prouesse technique, puisque le relief est à l’intérieur. Ceci grâce à la technique de la cire perdue. 

 

Véronique Brumm

 

Comment se décide le thème de l’exposition annuelle ?

Véronique Brumm  C’est toute une discussion et des échanges au coeur de l’équipe du musée.

 

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette nouvelle exposition ?

Véronique Brumm Une fois le thème choisi, toute ma réflection a été de recherche ce que je pouvais apporter de différent. C’est ainsi que c’en est devenu mon fil conducteur. Néanmoins, tout l’enjeu était aussi de rester dans la continuité et d’être en cohérence avec le Musée Lalique. 

 

Flacon Au coeur des calices (c) K. Faby – Musée Lalique

 

L’exposition, L’Invention du Parfum Moderne, s’étend sur 200 mètres carrés et s’articule sur 4 volets : l’univers du parfumeur, les offrandes parfumées à l’art de la séduction, la rencontre du verrier et du parfumeur, les poèmes parfumés et les poèmes intimes. Cette dernière partie vient clore l’exposition. Après tout ce parcours, je voulais un retour à l’intime, l’un des attributs du parfum. En effet, cette idée a jailli au cours d’un échange avec Alexandre Fruch, le scénographe de l’exposition.

 

1 exposition par an depuis 2012. Parmi les 7 expositions, quelle est celle qui a remporté le plus de succès ?

Véronique Brumm  Lalique et l’Art du Voyage en 2016. C’était une exposition en l’honneur du travail et des collaborations de Lalique tant sur les trains, que les paquebots et l’automobile. Je pense que cette diversité qui a beaucoup touché le public. Enfin, cela a permis de  découvrir tout cet univers de Lalique qui lui était inconnu.

 

Vous êtes là depuis le départ du projet du musée Lalique. Quel est votre regard aujourd’hui sur ce musée en positif et  à améliorer ?

Véronique Brumm  Le Musée Lalique a été une très belle aventure, et la constitution de la collection du Musée Lalique, un challenge à relever. Nous voulions mettre le verre au coeur du Musée. De cette façon, donner aux visiteurs toutes les clés pour comprendre le métier du verre Lalique.

Enfin, surtout replacer l’oeuvre dans un contexte plus large, marqué par les expositions de 1900, de 1925, et la dimension de l’Art Sacré…. Aujourd’hui, je souhaite aborder les savoir-faire et l’apport des humains. En quelque sorte, remettre plus d’humain au coeur du Musée, par le biais du multimédia et des audios. 

 

Le Musée Lalique n’avait pas de collection Lalique. Tout a été à construire. Quelle est la première et la dernière pièce de la collection ?

Véronique Brumm L’aventure a commencé avec « la Femme Libellule Aile Ouverte » acquise par la communauté de commune du Pays de la Petite Pierre qui a été donné au Musée. Sinon, la Maison Lalique a fait don de nombreuses pièces. Cependant, et ce grâce à du mécénat, le Musée a pu acheter des pièces, en vente public. Ceci, sans compter les prêts de collections particulières, des prêts dépôts du Musée des Arts Décoratifs et du Musée des Arts et Métiers. 

 

 

Par ailleurs, grâce aux amis du Musée Lalique, une association très dynamique, ces derniers nous ont permis d’acheter un vase Bacchante, une pièce unique créée en 1927 et aujourd’hui depuis 2016, et toujours un bestseller de la Maison Lalique.

 

Quelle est la genèse du Musée Lalique ?

Véronique Brumm Nous sommes à Wingen sur Moder, un village à l’important passé verrier : la manufacture de René Lalique en 1921 et la verrerie Hochberg (1715-1868). Un bâtiment inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1996. Cet emplacement était donc une évidence.

Après un concours international d’architecture en mars 2005, l’Agence Wilmotte associé aux architectes Chiodetti et Crupi de Colmar a remporté le projet. Au final, les nouveaux bâtiments se fondent dans le paysage en épousant la topographie avec une grande place pour les jardins. 

 

 

Pour la construction de ce nouveau bâtiment, les architectes ont choisis du béton habillé de pierre et verre pour se marier harmonieusement avec les bâtiments anciens. Outre les salles d’exposition permanente et temporaires et les réserves, il est en effet doté d’un auditorium de 85 places, d’une boutique, d’un espace de restauration, d’ateliers pédagogiques…

 

Quelle est l’œuvre emblématique du Musée Lalique ?

Véronique Brumm Pour moi, il y a 3 pièces emblématiques : le lustre de Marc Lalique, la Femme Ailée de 1900 et les mascottes les automobiles.

Le lustre de Marc Lalique

Il accueille aujourd’hui, le visiteur dès son arrivée dans le musée ! Il mesure près de 3 mètres de haut, pese environ 1,7 t, un géant de cristal, composé d’une structure en métal de 337 pièces.

C’est à l’occasion de l’exposition l’Art du Verre, que Marc Lalique créa ce lustre monumental, en 1951. Il illuminait alors la nef du musée des Arts décoratifs de Paris. Dépositaire de ce lustre pendant près de 60 ans et n’ayant pas trouvé de lieu idéal pour sa valorisation, lors de son réaménagement, le musée parisien a proposé de transférer cette œuvre exceptionnelle au musée Lalique. La Maison Lalique a accepté et l’a restauré.

 

 

Pour faire renaître le lustre, 60 pièces ont été restaurées et 59 reproduites à l’identique, dans les ateliers Lalique, à Wingen-sur-Moder. Pour l’occasion, des moules ont dû être fabriqués, et les pièces sont passées entre des dizaines de mains expertes ! La structure métallique a été vérifiée, les ampoules placées aux mêmes endroits. Grâce à ce travail, près soixante ans après sa création, le lustre a retrouvé une nouvelle vie, et brille de mille feux pour le plus grand plaisir des visiteurs du musée.

La Femme Ailée de 1900

Dès 1895, le bijou devient un art à part entière et Lalique présente ses œuvres au Salon de la Société des Artistes Français. Il renouvelle alors tant les matériaux qu’il emploie (en utilisant l’émail, la corne, l’ivoire ou le verre) que les motifs qu’il représente, avec notamment la figure féminine, qui se transforme, parfois en créature fabuleuse.

Lors d’une vente aux enchères en février 2013, deux amoureux des créations Lalique, Shai Bandmann et Ronald Ooi, achètent une de ces Femmes ailées et décident de mettre en dépôt cette pièce exceptionnelle au musée Lalique de Wingen-sur-Moder. Épris des créations Lalique, que ce soit des bijoux ou les œuvres en verre de l’artiste, les deux amateurs et fins connaisseurs complètent leur belle collection, tout en ayant le souhait de pouvoir partager leur passion, avec le plus grand nombre. Ce qui explique leurs nombreux dépôts consentis au musée Lalique.

1 Comment

  1. Quelle belle visite.
    C’est très tentant d’y aller.
    Merci

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