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Posted by on Mar 17, 2014 in Plantes, Plantes à Parfum, Sentir/Goûter | 0 comments

Le mimosa raconté par les parfumeurs

Le mimosa raconté par les parfumeurs

Les pompons d’or éclatants et parfumés des mimosas de la Côte d’Azur sont mis à l’honneur depuis 1931 chaque année en février à Mandelieu-La-Napoule. Ce sont 12 tonnes de mimosa qui sont utilisés pour décorer les chars. Avant de se faner avec les derniers jours hivernaux, une seconde vie les attend dans les alambics des parfumeurs de Grasse. Laissons les parfumeurs nous parler de cette fleur rayonnante.

Sébastien Plan, parfumeur matière première chez Robertet

© Photo Persolaise

© Photo Persolaise

« Le mimosa reste le pilier des parfumeurs, il peut même devenir l’ingrédient secret d’un parfum », souligne Sébastien Plan, parfumeur matières premières à Grasse chez Robertet, producteur grassois et international de compositions vendues aux maisons de parfum. Son odeur capiteuse, tombée en désuétude depuis son âge de gloire des années 50 à 70, s’utilise aujourd’hui en dose infime. En effet, « L’absolu » de mimosa – le concentré utilisé par les créateurs est produit chaque année en fonction de la demande.  » C’est une quarantaine de tonnes de récolte qui permettent à Robertet de produire 1% (400 kg) de « concrète », une pâte issue du 1er extrait, dont un quart seulement deviendra de « l’absolu » nous confie Sébastien Plan.

L’usine Robertet achète d’ailleurs du mimosa d’Inde, moins cher, qui arrive directement à Grasse sous forme de « concrète« . Le mimosa sauvage des environs doit être transformé en revanche le jour de sa cueillette, car les fleurs se fanent rapidement.

Le mimosa et les parfums

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On peut retrouver du mimosa dans Pivoine Magnifica de Guerlain, Amarige Mimosa de Grasse de Givenchy, Paris d’YSL, Champs-Elysées de Guerlain, Coco de Chanel, Mimosa chez Annick Goutal ou encore dans une ligne chez Yves Rocher, Pur Désir de Mimosa.

Et plus récemment dans la Fleur d’Or de L’Occitane.

Gilbert Vial, « le mimosiste » !

L’arbre du mimosa est arrivé d’Australie au milieu du 19ème siècle pour décorer les jardins. Il a formé une luxuriante forêt dorée sur son fief historique du massif du Tanneron, où la récolte annuelle s’achève fin février, à une quinzaine de kilomètres de Grasse.

« Le gros de la floraison a commencé à la mi-février et s’est achevé très vite », regrette Gilbert Vial, un mimosiste de 85 ans qui n’a jamais quitté le hameau de Tanneron. Le massif était exceptionnellement jaune durant cet hiver doux, les mimosistes ayant eu trop peu de temps pour tailler.

Pour que la saison soit plus longue, ils cultivent une autre variété de mimosa « le mirandole » qui fleurit en décembre-janvier, puis le rustica et le gaulois plus tardifs (février-mars).

« Le mimosa c’est comme du velours », décrit Gilbert, en avouant ne plus sentir son odeur qui plane pourtant avec insistance dans la boutique familiale. Le monde secret de la parfumerie est loin de ses préoccupations: ici on vend depuis trois générations des bouquets.

Son fils de 60 ans sera le dernier de la lignée à tailler les six hectares familiaux de terrains pentus. « Avant le gel de 1956, une trentaine de familles exploitaient le mimosa à Tanneron. Aujourd’hui nous sommes trois ou quatre« , constate Gilbert Vial. « Pour les expéditions lointaines, c’est fini. Avant, six wagons de train partaient cinq jours par semaine de Cannes vers l’Angleterre. Il n’y avait alors pas d’autres fleurs en hiver. Aujourd’hui, des fleurs arrivent des quatre coins du globe, les moyens de transport ont changé ». Cette évolution s’applique d’ailleurs à l’ensemble de la production locale de fleurs, concurrencée par des productions moins chères venues de pays exotiques.

Grasse et le mimosa

© Photo Persolaise

© Photo Persolaise

Au 17ème siècle, les tanneurs installés à Grasse depuis le Moyen-Age s’étaient mis à parfumer le cuir -notamment les gants- d’huiles florales odorantes, entraînant l’apparition des champs de roses de mai ou de jasmin pays, encore miraculeusement cultivés pour les formules à succès de grandes maison, comme le N°5 de Chanel.

Jean-Pierre Roux, patron de la maison de parfumerie grassoise Gallimard, a choisi de rendre hommage à cette « image du terroir » en déclinant le mimosa dans une eau de cologne rafraichissante, populaire auprès des visiteurs durant la floraison des mimosas.

Le parfumeur de Gallimard Caroline de Boutiny reconnaît que sa création au mimosa plaît davantage aux personnes âgées qu’aux jeunes. Si le puissant absolu de mimosa est désormais « peu utilisé dans les parfums modernes », il peut « donner de la lourdeur à une composition, avec ses notes miellées et poudrées », entrant par exemple dans des eaux de toilettes signées Kenzo et Guerlain, note-t-elle.

Dites-moi si vous aimez le mimosa en me laissant un commentaire ci-dessous.

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